Oscar Pujol Riembau, directeur de l’Institut Cervantes de Fes : <...l'espagnol est désormais la deuxième langue la plus influente dans le monde>
Fés // SawtFesElbadil
Ph // Bouanani
Actuel directeur de l’Institut Cervantes de Fes, Oscar Pujol Riembau nous parle de la saison culturelle à
l’Institut, des activités organisées depuis l’automne 2025, de la place qu’occupe la langue espagnole, etc
Oscar Riembau est un éminent orientaliste, écrivain et linguiste espagnol. Expert reconnu de renommée internationale, il a étudié le sanskrit à l’université hindoue de Benares en
Inde, où il obtenu son doctorat et enseigné
– Comment se porte l’Institut Cervantes de Fès ?
Oscar Pujol souligne : < A la fin de l’année dernière, l’Institut cervantes a renforcé sa présence dans la ville en acquérant le bâtiment qu’il occupait depuis plus de vingt ans. Il s’agit d’une étape importante pour notre
institution, car elle réaffirme l’importance que l’Institut Cervantes accorde à Fès en particulier et au Maroc dans son ensemble.Il convient de souligner que le Maroc, avec six Instituts Cervantes, est le deuxième pays au monde, après le Brésil qui en compte huit, à en posséder le plus grand nombre.Si l’on compare la
superficie du Brésil à celle du Maroc, ce dernier est sans conteste le pays qui compte la plus forte densité d’institutions Cervantes au monde, et l’Institut Cervantes de Fès, avec ses trois antennes à Meknès, Nador et
Al Hoceima, est un maillon essentiel de ce réseau
– Quel bilan faites- vous de la saison scolaire et
culturelle
< Par ailleurs, l’un des objectifs du centre a été egalement été d’accroître sa visibilité et de s’intégrer plus profondément au tissu culturel de Fès grâce à des partenariats efficaces avec des institutions culturelles et éducatives clés. A cette fin, des accords ont été signés avec l’université Sidi Mohammed Ben Abdallah
USMBA) et l’Université euro- méditerranéenne de Fès ( UEMF ), multipliant ainsi les collaborations avec ces établissements. De plus, des collaborations ont été initiées avec deux institutions culturelles de la ville qui s’adressent à un public particulièrement jeune.Le centre culturel Iklyle et le centre culturel Noujoum de Fès. L’année
universitaire 2025-2026 marque l’aboutissement de cinq années de croissance soutenue, durant lesquelles le centre a obtenu ses meilleurs résultats des douze dernières années dans des domaines stratégiques tels que le volume d’enseignement, la formation des enseignants et la certification officielle
– Fes semble entretenir et
renforcer ses rapports culturels avec l’Institut Cervantes. Voulez- nous en parler
< Comme je l’ai mentionné, l’un des objectifs du centre est de s’impliquer davantage dans la vie culturelle de la ville, non seulement en tant que vitrine de la culture espagnole, mais aussi comme un écho et un
complément à la culture locale de Fès.A cet egard, nous avons prévu une activité importante avec la Bibliothèque Al Quarawiyine et la Bibliothèque royale d’Espagne.Nous avons invité son directeur à donner une conférence à Al Quarawiyine, l’une des deux principales bibliothèques d’Espagne et du Maroc. Le
Maroc et l’Espagne possèdent tous deux un patrimoine littéraire d’intérêt non seulement national, mais aussi international. De même, nous souhaitons renforcer notre présence dans des villes comme Nador et organiserons une semaine espagnole comprenant un séminaire sur les voyages maritimes entre l’Espagne

et le Maroc à travers l’histoire, des expositions et un spectacle de flamenco. Nous accueillerons également le Congrès mondial de flamenco, qui se déroule pendant un mois dans huit villes marocaines.Cette année, il aura lieu à Fes et à Nador.Nous prévoyons également d’inaugurer cet autome une exposition
consacrée à l’œuvre de Pablo Roca, le plus grand auteur de bande dessinée espagnol, qui illustrera l’importance du paysage de la bande dessinée espagnole contemporaine.-
– Compte tenu de votre expérience, où vous situez la langue espagnole par rapport à la langue française Est-ce qu’elle compte des adeptes aussi
nombreux
< Après l’anglais, l’espagnol et le français demeurent les deux langues étrangères les plus étudiées au monde. Au Maroc, le français est nettement plus présent que l’espagnol.Toutefois, ce n’est pas le cas partout.Un recent rapport révéle que l’espagnol est la deuxième langue la plus étudiée
après l’anglais, dans l’enseignement général de l’union européenne, et qu’il rivalise actuellement avec le français pour la deuxième place dans de nombreuses régions du monde. L’intérêt pour l’espagnol s’est multiplié dans des régions où il était auparavant absent, comme en Asie, où il est désormais étudié avec passion dans
des pays tels que la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée. Depuis plusieurs décennies, l’Amérique Latine connaît une croissance économique importante et une influence croissante sur la scène internationale.De ce fait, l’espagnol est devenu une langue du Sud global, exerçant une influence grandissante qui dépasse
largement le contexte hispanique. Il ne faut pas oublier que l’espagnol est la seule langue capable de disputer à l’anglais le statut de langue véhiculaire à l’échelle d’un continent tout entier : le continent américain
– Niveau scolaire à l’Institut ,est-ce que le nombre de ceux qui apprennent l’espagnol augmente et à
quel pourcentage
< L’istitut Cervantes de Fès compte environ 850 etudiats et a connu une forte augmentation de ses effectifs ces dernières années, à l’instar de la croissance générale observée dans les Instituts Cervantes du Maroc.En effet, depuis 2019, le nombre d’étudiants dans les Instituts Cervantes
marocains a progressé de 17,40 %, tandis que la croissance moyenne pour l’ensemble des Instituts Cervantes est de 3,20 % Le taux de croissance des études d’espagnol au Maroc est donc quatre fois supérieur à la moyenne mondiale pour les Instituts Cervantes. Aujourd’hui, les six Instituts Cervantes du Maroc représentent 20,5 %
de l’ensemble des étudiants des Instituts Cervantes dans le monde, faisant du Maroc le pays comptant le plus grand nombre d’étudiants
Il est intéressant de noter qu’entre 2012 et 2017, l’Institut Cervantes du Maroc a perdu 40% de ses étudiants.Cette tendance s’est inversée à partir de 2018 et l’Institut Cervantes
du Maroc a largement compensé les pertes d’étudiants enregistrées durant cette décennie.Comment expliquer cette augmentation du nombre d’étudiants ? D’une part, la reprise économique du Maroc joue un rôle important, le pays ayant réussi à stabiliser sa croissance économique
autour de 5%, ce qui permet à la classe moyenne marocaine d’investir davantage dans l’education. D’autre part, comme je l’ai mentionné dans la question précédente, le prestige de la langue espagnol croit rapidement à l’échelle internationale. Il y a quelques décennies, l’espagnol était parlé par de
nombreuses personnes, mais sans influence internationale.Aujaurd’hui, l’espagnol est devenu mondiale, présente dans toutes les instances internationales et desormais la deuxième langue la plus influente dans le monde >
Entretien réalisé par M. BETTACHE
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